Biographie 1970


1970: L'année 1970, démarre avec une tournée en vedette "américaine" de Joe Dassin, du 9 février au 25 mars. Il divorce de Bichon. "Hara-Kiri", publie un roman-photo où Boby n'incarne rien de moins que Dieu lui-même.

Le cinéma fait à nouveau appel à lui avec deux films "Max et les ferrailleurs" de Claude Sautet, et "Mais qu'est-ce qui fait courir les crocodiles" de Jacques Poitrenaud.

En juillet sortie du 33 tours "Comprend qui peut (ou comprend qui veut)". 12 titres et presque autant de chef-d'œuvres, "Monsieur l'agent", "Méli-mélodie", "Le tube de toilette", "Madame Mado m'a dit", "Moi, le philosophe et l'esthète", "La maman des poissons", "Revanche" et "Sentimental bourreau" dont l'écriture remonte à la fin des années 40, "Mon père et ses verres", "Je suis né au Chili", et le titre éponyme de l'album. Ce disque est illustré de dessins de Wolinski.

La même année Boby participe à 24 émissions de télévision, le 22 septembre, il chante à la Fête de l'Huma. Il écrit et enregistre une publicité pour le fromage blanc "Jockey" :

"Jockey

C'est pas mauvais !

"Ah ! mes amis, dit la baronne,

Restez dîner je vous l'ordonne

Avec notre ami le jockey"

Et elle ajoute en souriant :

Jockey

C'est pas mauvais !

"Ah ! Cornebleu, dit l'amiral,

Si j'pars en mer mon amie râle

En ce cas resterai-je au quai"

Et moi j'ajoute en souriant :

Jockey

C'est pas mauvais !

"Moi, dit l'joueur de hockey sur glace,

Je vais rester mais c'est dég'lasse,

Comme entraîneur resterai-je au OK ?"

Et moi j'ajoute en souriant :

Jockey

C'est pas mauvais ! (bis)

Comme nous nous levions de table

M'sieur La Fontaine qu'est affable

S'exclama "Darling, suis-je okay ?"

J'ai dit "Jockey

C'est pas mauvais"

Après avoir un bon moment

Cherché moi-même un compliment

Entre la poire et le Jockey

J'ai dit "Jockey

C'est pas mauvais"

"Mon cher, rétorqua la baronne,

Vos plaisanteries sont très bonnes

Mais ici elles pourraient choquer !

J'ai dit "Jockey ?

C'est pas mauvais"

En 1971, la cadence s'accélère : en Janvier, il se produit à l'Olympia en "vedette américaine" de Michel Delpech. Puis il enchaîne, une tournée avec Georges Moustaki, du 1 er au 13 mars et une autre avec en co-vedette Maurice Fanon au mois d'avril, sans compter quatre tournages de film : "Les assassins de l'ordre" de Marcel Crané, "La veuve Couderc" de Pierre Granier Defferre", "Rendez-vous à Bray" d'André Delvaux" et "Chapagua" de Renato Savino, une curiosité du genre western-spaghetti, où il a le rôle-titre. Il trouve encore le temps de chanter à la télévision et à la radio.

De décembre 1971 à début janvier 1972, Boby, affaibli par le cancer qui le ronge, trouve la force de chanter tous les soirs à Bobino, en première partie de Pierre Perret.

L'écologie et le futur de notre planète le passionnent, il s'attèle à la rédaction d'un texte de réflexion générale en forme de parabole. Il continuera de travailler à de nouvelles chansons jusqu'au bout.

Le 29 juin 1972, Boby Lapointe succombe à un cancer. Il est enterré au cimetière de Pézenas le 2 juillet.

Et l'on a fait graver dessus sa tombe : « Il voulait jouer de l'hélicon. »

«Ce satané Boby Lapointe depuis qu'il a tourné le coin, à Pézenas comme à Paris, ses copains et admirateurs, ont du mal à s'y habituer. En ce qui me concerne, les soirs où son amitié et sa bonhommie me manque un peu, je fais comme rien n'était, j'écoute ses chansons pour qu'il continue à vivre le bougre et il continue. Mon vieux Boby, putain de moine et de Piscénois, fais croire à qui tu veux que tu es mort, avec nous les copains, ça ne prend pas.»         Georges Brassens.