Biographie 1968 - 1969


1968: Le 28 mars 1968, il met un point final à son "Système Bibi-Binaire", écriture alpha numérique en base 16, reconnu et salué par les plus grands mathématiciens et les publications spécialisées.

Dans la revue "Science et Avenir", le journaliste Charles-Noël Martin, conclue son article ainsi : "Adopter le bibi reviendrait-il à faire de nos cerveaux de mini-ordinateurs et nous parlerions machine comme les machines parleraient bibi-humain ? Ce dialogue est-il utile sinon souhaitable ? Pour Robert Lapointe, la réponse est oui et il a tiré de son système bien davantage encore avec de nombreuses possibilités esthétiques, artistiques, musicales, poétiques, établissant un pont entre les symétries arithmétiques, phonétiques, et graphiques, dont l'art pourrait manifestement tirer beaucoup d'inspiration.

Mais ne serait-ce pas là finalement une simple logomachie ? Les enfants de l'an 2000 apprendront-il le bibi ? À regarder KAKIDOBOHADE et 10208286, nous voyons immédiatement que le second parle à l'esprit et permet des opérations arithmétiques rapides que les lettres masquent. Nous serions donc tenté de répondre non, compte tenu des habitudes mentales si lourdes à modifier, mais il suffit d'imaginer qu'il y a dix ans, on aurait répondu non à la question "les enfants de 1970 apprendront-ils les mathématiques par la théorie des ensembles ?" Alors ? À l'ère des ordinateurs, il se peut que nous vivions aujourd'hui les débuts d'un Lapointisme qui se cherche encore."

Tout l'esprit du bibi est résumé ici. Boby participe à de nombreuses émissions de télévision, notamment le très innovant "Nouveau Dimanche", réalisé par Raoul Sangla et présenté par Gérard Klein.

Il fait sa rentrée en avril à Bobino en vedette américaine de Catherine Sauvage. Les événements du mois de mai interrompent les représentations. Boby retourne au Port du Salut, où Maurice Fanon, lui présente Joe Dassin. Une belle amitié naît entre Joe et Boby.

Au mois d'octobre, le studio 112 de la maison de la radio le reçoit dans "l'émission des fous" où il débarque en charentaise et en treillis.

À l'age de 46 ans, il songe sérieusement à mettre de l'ordre dans sa carrière et le 2 décembre rédige " Chansonbricole ", tentative d'explication loufoque de son d'approche d'écrivain.

Pour conclure cet opuscule, il découpe les périodes de sa vie en utilisant les néologismes suivant : "1-Époque Prédisqienne, 2-Époque Fontanalienne, 3-Époque Brassenssienne, 4-Époque Azédienne, 5- Époque Autrechosienne, 6-Époque Mathématicienne." Malheureusement les sous-chapitres ne seront jamais rédigés.

En 1969 Boby amorce une carrière de comédien, dans "Les choses de la vie" de Claude Sautet et dans "L'ardoise" de Claude Bernard Aubert.

Le 12 octobre, il signe un nouveau contrat avec les disques Philips. Le même mois il entre en studio pour enregistrer 13 nouveaux titres produits par Jean-Jacques Thébaut et Joe Dassin.

Les séances se déroulent les 22, 23 et 24 octobre 1969 de 9 heures à 12 heures pour les bases orchestre, et les 27, 28 et 29 octobre 1969 de 21 heures minuit pour les re-recording au studio des Dames.

Roland Guillotel est l'ingénieur du son de ces séances.

«Boby était un mec formidablement drôle. J'ai un excellent souvenir de ce disque. Nous étions au Studio des Dames qui appartenait à Philips. Pour les techniciens et les musiciens présents, la plus grosse difficulté était de ne pas rire. À l'écoute en cabine technique Boby disait:

“Si vous êtes content moi aussi.” On enregistrait en direct, avec l'orchestre. Il n'était pas pinailleur, ça se passait tout à fait normalement. On faisait des séances de trois heures comme souvent à l'époque.

Le petit défaut de Boby, c'est qu'il allait plus vite que la musique ! Il chantait sa chanson le plus vite possible Je me souviens qu'on rigolait bien, avec ce garçon charmant et très joyeux. Nous étions allés dîner chez lui du côté du Quartier latin pour fêter la fin des séances. Il aimait beaucoup les femmes.»

Sur les treize titres enregistrés pendant ces séances douze seulement seront retenus pour le pressage définitif du disque. Le titre "In the désert" restera ensablé jusqu'en 1976, date de la première édition de l'intégrale de Boby en quatre vinyle.

Dassin réalise ce disque avec beaucoup de discrétion, et quasi bénévolement. Ainsi au verso de la pochette, son nom n'occupe pas plus de place que les autres, alors qu'il est déjà une grande vedette. En 1969, Joe Dassin, aligne tube sur tube : "Les Champs-Elysées", "Le chemin de papa", "C'est la vie Lily" et "Billy le Bordelais.

Après la mort de Boby, Joe Dassin insistera, auprès des patrons de Philips, pour faire rééditer cet artiste et ainsi lui offrir un futur.

En août Boby enregistre un duo qui fera date : "Depuis le temps que j'l'attends mon prince charmant" avec Anne Sylvestre qui signe les paroles et la musique. Le disque marche très fort et Fontana surfant sur cette vague édite une compilation 12 titres de ses premières chansons.

Cet artiste qui affectionne beaucoup la marinière a toujours été passionné par la mer. Il acquiert, pour emmener ses enfants et ses amis en balade, un modeste bateau de pêcheur, un pointu pour être exact, baptisé "Le M'escampi". Il lui arrive parfois de caboter, muni simplement d'une carte routière du sud de la France. Les nombreux bancs de sable n'y étant pas répertoriés, son embarcation s'échoua plusieurs fois. Lors d'une escale à Monaco, il se fracture le calcanéum.

Il scénarise une émission de télévision musicale inédite, "Comprend qui peut". Salvador Dali croisé lors d'une émission de radio sur RMC devait y prendre part.

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