Biographie 1958 - 1959


1958:  «J'essaie de caser mes chansons à une équipe de méridionaux qui ont monté (sic) "Le cheval d'or".» Pour réaliser ce projet, il enregistre sur son magnétophone à bande, en s'accompagnant d'une "guitare sommaire", huit titres, parmi lesquels, "Aragon et Castille", "Petit homme qui vit d'espoir", "Bobo Léon", "L'ange" et "Sentimental Bourreau" destinés à démarcher des interprètes, féminines de préférence.

 Pour subsister financièrement, il s'installe à son compte au 110, rue de la République à Saint Mandé: "Robert Lapointe antennes, Radio, Télévision F (sic) Modulation, toutes installations : collectivités, longue distance, etc."

 Quand on demande à Boby comment installer une antenne de télévision, il répond tout de go : "Sur le toit!"

 «Je finis par me décider à chanter mes chansons moi-même. Fin 1959, j'ai un tour de quatre chansons dont "Aragon et Castille" et "Avanie et Framboise".», note-il, en décembre 1959. Ces deux chansons seront pendant toute sa carrière ses fétiches. Il effectue ainsi ses véritables débuts dans le métier au cabaret "Le cheval d'or". Il a 37 ans.

 Première rencontre déterminante pour le futur professionnel de Boby, Philippe Weil. Ex-décorateur, débauché par Canetti, il succède en 1959 à Boris Vian en assurant la direction artistique des disques Fontana. La rencontre se passe chez Philippe Weill : Boby Lapointe vient y installer une antenne de télévision. Ils sympathisent très vite, se sentent même en phase.

 Boby l'invite à venir le voir au "Cheval d'or". Philippe est très vite conquis par l'absolue incongruité des textes et par le personnage scénique de Boby tout en mouvements d'épaules et tressautements de hanches.

 «J'ai toujours eu une adoration dramatique pour le calembour, c'est un des faubourgs de l'humour. Avec Boby, nous avions la même façon de déconner. C'était fascinant. Il n'avait absolument rien à voir avec ce que faisaient les chanteurs de l'époque.»

 C'est décidé Philippe Weil sera son premier directeur artistique.

«Je croyais en lui, donc je l'engageais. Chez Fontana, qui était un peu la danseuse de Philips, on pouvait se permettre de prendre des risques avec des artistes un peu plus hors normes ou hors mode, ce qui était le cas de Boby.»

 «J'ai demandé à Alain Goraguer, que j'ai connu avec Boris Vian d'assurer les arrangements. J'aimais beaucoup ce qu'il avait fait pour Serge Gainsbourg. J'ai donc organisé une rencontre entre Boby et Alain, en deux rendez-vous, ils avaient fait le tour de la chose.

 On enregistrait au studio DMS situé rue Saussier-Leroy, Paris 17ème , fief de Pierre-Arnaud de Chassipoulet, le fameux metteur en ondes des feuilletons radiophoniques de Pierre Dac, devenu depuis peu la propriété de Philips. C'était plus petit qu'au studio Blanqui, mais nous y avons travaillé très agréablement.»

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